A is for Appartenance

A is for Appartenance


A pour Appartenance :

Par Morgan Upchurch, AUCP Summer 2016, Rice University

À travers les parasols des vendeurs, la lumière tombait, colorant, par la toile légère, les cagettes de fruits et légumes. Parmi tout cela se trouvait une fille, brune, évidemment un peu perdue, de peut-être vingt ans. Elle était enchantée par la scène : les gens, arborant des vêtements brillants et fluides, circulant comme une foule dans les voiles des vendeurs, tournant comme un grand moulin à vent. Le mouvement autour d’elle était imprévisible, comme si chacun dans la foule était mené impulsivement par les yeux. Mais le mouvement avait également quelque chose d’hypnotique, de régulier, de confortable. Les gens, néanmoins, flânaient d’une manière calme et circulaire. Tranquillisant, et pas dépaysant ; c’était une scène de rêves, véritablement – un cadeau pour les yeux. Seuls les Français peuvent faire de l’activité des courses, une activité à la mode.

Leave like and with FrenchDepuis son arrivée en France, elle ressentait un bonheur, mais l’espèce de bonheur qui ressentent les lecteurs d’un livre nouveau, ou les archéologues sur un site inconnu. C’est le bonheur de découvrir. Mais là, au marché, c’était un contentement différent. C’était plus calme, davantage comme une exaltation à l’intérieur, en silence. Peut-être était-ce à cause des produits délicieux qui l’entouraient, ou bien, de sa faim qui montait.

Quelques autres étudiants et elle, ont décidé de partager les courses et de faire un repas ensemble. Leur liste était simple : Tiffany, la laitue, Sarah, le melon, Patrick, les tomates, et elle, le fromage. Chacun d’eux a participé au marché, ensemble, mais aussi séparément. Elle n’a pas pu expliquer comment elle se sentait à ce moment-là, pendant qu’elle faisait les courses, mais maintenant en réfléchissant, elle peut. Elle reconnaît que, en faisant les courses, à la fois parlant français, entourée par un tel paysage de fruits, légumes, viandes, pains, fromages – quelque chose qui est vraiment quotidien pour les français ici à Aix – elle ressentait un vrai sentiment d’appartenance. À la fois, elle appartenait à la culture américaine et à la culture française ; à la fois, étrangère et indigène, du loin et du coin. C’était une contradiction merveilleuse, et c’est seulement après, loin du marché, qu’elle peut voir cela. Elle était une américaine, regardant autour d’elle et se mouvant avec une extase dans les yeux, en participant à la vie quotidienne en France, comme si elle était une française, peut-être. Un sentiment d’appartenance – c’est ce qu’elle a ressenti au marché.